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Dossier sur les plaies post-opératoires suturées

La prise en charge des plaies post-opératoires suturées en ville, assurée par les infirmier(e)s libéraux·les et les médecins généralistes, repose sur une bonne compréhension de leur origine et une utilisation rigoureuse du matériel de soin. Causes, signes cliniques, protocoles de traitement et moyens de prévention : découvrez les fondamentaux et les dispositifs adaptés pour une cicatrisation sans complication.

Origine de la plaie post-opératoire suturée

La plaie post-opératoire résulte des suites d’une intervention chirurgicale. Dès que l’acte chirurgical est terminé, commence la phase post-opératoire. Cette étape critique nécessite une attention rigoureuse, car toute complication, comme une infection du site opératoire (ISO), peut retarder la cicatrisation et allonger les délais de récupération.

Prévention des infections post-opératoires

Les infections peuvent compromettre la cicatrisation et allonger les délais de récupération. La prévention du risque infectieux sur une plaie post-opératoire suturée s'articule autour de trois axes :

  1. L’identification des conditions favorables au développement d’une infection
    • l'information du patient sur les facteurs susceptibles de favoriser l'infection : hygiène, tabac, alcool, alimentation déséquilibrée…
    • la détection précoce des signes locaux d’alerte de l'infection : douleur, changement de couleur, aspect et couleur de l’exsudat…
    • la détection plus tardive des signes généraux comme l’hyperthermie.

  2. La mise en place de bonnes pratiques pour limiter les risques
    • le choix d'un pansement adapté à la plaie, un pansement inadapté étant la principale cause de la formation de phlyctènes ;
    • le respect rigoureux des règles d’asepsie lors des réfections de pansements.

  3. Le suivi post-opératoire par un professionnel de santé
    • Les plaies suturées doivent être protégées et régulièrement surveillées, notamment lors du retour à domicile du patient.
    • Le suivi des plaies post-opératoires fait partie des actes infirmiers les plus courants en ville. L’objectif est double : favoriser une cicatrisation optimale et limiter les complications infectieuses.

Quels types de pansements utiliser pour les plaies post-opératoires suturées ?

Les attentes vis-à-vis du pansement post-opératoire peuvent être résumées par le principe « PACA » 1 :

  • Protection : vis-à-vis des frottements, mouvements inadaptés, germes ;
  • Absorption : exsudats / hémorragies ;
  • Compression : limiter le risque d’hématome et d’œdème post-opératoire ;
  • Action sur les tensions exercées sur les bords de la plaie suturée.

Dans la pratique, il faut distinguer plusieurs pansements successifs sur une plaie suturée. Selon le type d’intervention chirurgicale, un premier changement de pansement est généralement réalisé dans les 24 à 48 heures après l’opération. En l'absence de complication ou de recommandations spécifiques du chirurgien, les changements suivants pourront être réalisés à raison de 2 fois par semaine.

Les complications nécessitent une réévaluation de la plaie. Elles concernent 4 situations principales : désunion de plaie opératoire, infection, hématome et nécrose. Elles peuvent entraîner une modification du type de pansement employé.

Suivi des plaies post-opératoires : l'ablation des fils chez l'adulte

Le suivi des plaies post-opératoires fait partie des actes infirmiers les plus courants en ville. Pour une plaie suturée, le soignant peut être amené à ôter les points en fin de cicatrisation. Selon la localisation de la suture, le délai d'ablation va différer 2:
  • cou, oreille : 10 à 14 jours ;
  • main face dorsale : 10 à 14 jours ;
  • main face palmaire : 14 jours ;
  • membre inférieur : 15 à 21 jours ;
  • tronc : 15 à 21 jours ;
  • visage : 5 jours ;
  • paupière : 3 jours ;
  • membre supérieur : 12 à 14 jours.

Attention : pour certaines pratiques les fils/agrafes sont enlevés en 2 fois pour éviter qu’ils ne sautent.

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Suture : la cicatrisation de première intention

La suture est une technique de fermeture des plaies utilisée principalement dans le cadre d’une cicatrisation dite primaire. Elle consiste à rapprocher les berges de la plaie – en profondeur comme en surface –afin de permettre une épidermisation et une fermeture rapide de la plaie, sans complications.

Lorsqu’elle est envisageable, la suture représente la méthode de référence pour assurer une fermeture efficace, rapide et souvent plus esthétique.

Deux conditions doivent impérativement être réunies pour envisager une suture :

  • Une plaie propre, sans ou avec très peu de perte de substance, et sans suspicion de contamination bactériologique ;
  • Une mise bord à bord sans tension excessive, entre les berges cutanées.

Techniques et moyens de suture

Le choix de la méthode

Le choix de la technique de suture dépend de plusieurs critères :

  • Localisation de la plaie (visage, tronc, membres…) ;
  • Profondeur et tension locale ;
  • État de la peau du patient ;
  • Enjeux esthétiques (zones visibles, peau fine…).

Les différents types de suture

Les fils de suture

  • Fils résorbables : se dégradent naturellement dans l’organisme, souvent utilisés en sous-cutané ;
  • Fils non résorbables : doivent être retirés après cicatrisation ;
  • Monofilaments : lisses, moins traumatisants, adaptés aux plans superficiels ;
  • Tressés : plus souples, utilisés en profondeur.

L’ablation des fils dépend de la technique de suture utilisée.

Plan Types de points Schémas Indications
PLAN CUTANÉ Point simple séparé Technique la plus couramment utilisée en pratique, convient aux plans superficiels.
Point de Blair-Donati (2 fils) Plan superficiel uniquement. Permet le rapprochement des plans profond et superficiel dans un même temps et est employé sur des zones de tension (région très mobile ou proximité d’une articulation qui va tirer sur la peau).
Point d’angle Plaie présentant un lambeau triangulaire. Utilisé pour suturer l’angle d’une plaie traumatique en V.
Surjet passé Plaie du cuir chevelu très vascularisée. Fermeture rapide de la plaie.
Surjet simple Plaie du cuir chevelu également et de la zone rétro-auriculaire, fermeture rapide mais non esthétique.
Surjet intradermique Plaie propre à berges nettes avec un impératif esthétique, le fil est non visible, il chemine sous la peau.
PLAN SOUS CUTANÉ Point simple inversé Plaie à berges éloignées. Utilisé en plan profond en complément de la suture cutanée.
Surjet passé Suture du péritoine après laparotomie. Plus utilisée en plan profond pour sa solidité.

Les agrafes

Conçues le plus souvent en inox, les agrafes servent à maintenir les deux berges d’une plaie en contact. Elles sont généralement utilisées avec une agrafeuse chirurgicale automatique à usage unique.
Principalement employées dans le cas de plaies peu profondes, elles partagent certaines indications des points et surjets simples, telles que les plaies peu hémorragiques du cuir chevelu. L’avantage majeur de cette technique reste sa rapidité, même si le gain de temps ne représente que quelques minutes.

Les bandelettes adhésives

Les sutures adhésives sont des bandelettes de sparadraps utilisées pour fermer des plaies superficielles situées hors zone de tension. Leurs indications se limitent donc au plan superficiel, lorsque le plan profond est intact ou suturé. Elles peuvent toutefois être employées en complément d’un surjet intradermique. Disponibles en plusieurs longueurs et largeurs, leur principal atout réside dans le rendu esthétique de la cicatrisation.

Les colles

Les colles cutanées composées de cyanoacrylate sont des alternatives aux bandelettes adhésives, dont elles partagent les indications. Ainsi, elles peuvent remplacer des sutures classiques dans le cas de blessures de petite taille et peu profondes et compléter une suture conventionnelle.
La technique est simple et consiste à coller l’épiderme des deux berges de la plaie.

Sources

1 Pansements pour plaies suturées, à la suite d’une intervention chirurgicale, Principes généraux et bonnes pratiques, Haute Autorité de Santé, décembre 2022
2 Société francophone de médecine d’urgence (SFMU), Prise en charge des plaies aux Urgences, 02.12.2005

(2) Dr Chloé TRIAL, Gestion des plaies post-opératoires - https://docplayer.fr/20743422-Gestion-des-plaies-post-operatoires.html
(3) Laboratoires HARTMANN, La prise en charge de la plaie post-op suturée - https://www.hartmann.fr/portail/expertise/cicatrisation_plaies/type_de_plaie/les_plaies_post_operatoires_suturees/dossier_medical_hydro6/c5c6e545-d2f3-4488-8be8-1cae18cfd62d.htm
(4) Équipe enseignante de l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du Centre Hospitalier de Roubaix, Ablation de sutures, Module soins infirmiers -

https://www.infirmiers.com/pdf/Filsetagrafes.pdf- https://www.sfmu.org/upload/consensus/cc_plaies_longue.pdf
http://www.avisdexperts.ch/videos/searchview/3551/1/a
http://www.docteurclic.com/traitement/evolution-des-plaies-operatoires.aspx
http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-soin-des-plaies-postopeacuteratoires-agrave-domicile-inteacuterecirct-des-sets-_4234.htm
http://cclin-sudest.chu-lyon.fr/Reseaux/MATER/Journee/2010/7_Cicatrices.pdf
http://home.nordnet.fr/~acapon/Page18.html
http://stockholm.eklablog.com/les-differents-types-de-sutures-a418011
http://www.amiform.com/web/documentation-petite-traumatologie/ferrer/plaies-a-suturer
http://fr.slideshare.net/hanamer/techniques-de-suture-en-chirurgie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Suture_(m%C3%A9decine)
http://www.cicatrisation.info/d_u/cours2010/EMC3_sutures.pdf
http://www.infirmiers.com/pdf/Filsetagrafes.pdf

Ref : EXPMEDPOSTOP0126