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Les plaies atones : diagnostic et traitement

Une plaie atone (ou plaie stagnante) est une plaie qui ne suit pas le processus habituel de cicatrisation. Dans ce contexte, la réévaluation de la prise en charge, associée à une réduction des facteurs de risque, constituent les deux principaux leviers d’action pour les soignants.

Quand poser le diagnostic de plaie atone ?

On parle de plaie atone lorsque la plaie n’évolue pas favorablement au-delà de 4 à 6 semaines selon son étiologie1, sans progression des différentes phases de cicatrisation (détersion, bourgeonnement, épidermisation), et que son aspect reste inchangé malgré une prise en charge adaptée.

Le diagnostic repose sur l’observation clinique :

  • d’une stagnation durable de la plaie ;
  • d’un tissu de granulation inflammatoire déficient (donnant à la plaie un aspect blanchâtre), entraînant la formation d’un bourgeon charnu atrophique et pauvre en capillaires sanguins2.

Facteurs influençant la durée de la cicatrisation

La durée de cicatrisation d'une plaie dépend de nombreux facteurs :

  • Le type de plaie : le délai de cicatrisation des plaies aiguës est estimé à un mois 2 environ tandis que les plaies chroniques (dont l’évolution dépasse 4 à 6 semaines selon leur étiologie 3), présentent un délai de cicatrisation prolongé. De plus, les plaies profondes évoluant en cicatrisation de 2ème intention — lorsque le rapprochement des berges est impossible — guérissent plus lentement que les lésions superficielles ;
  • L’état de santé général du patient : l’altération de l’état général du patient peut freiner le processus physiologique de cicatrisation. De nombreuses pathologies (diabète, insuffisance veineuse, dénutrition, etc.) associées aux plaies chroniques constituent des facteurs de risque de retard de cicatrisation ;
  • Les habitudes de vie du patient : le tabagisme, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée sont autant de facteurs de risque susceptibles d'entraver l'évolution normale de la plaie.

Pourquoi une plaie peut stagner ?

La cicatrisation en seconde intention se déroule normalement en trois phases : détersion, bourgeonnement et épithélialisation. Plusieurs facteurs physiopathologiques peuvent cependant ralentir ce processus, notamment :

  • Le diabète : l'hyperglycémie augmente le risque d'anomalie leucocytaire ;
  • Le tabagisme : il est responsable d'une baisse de l'oxygénation des tissus, et peut également causer des troubles de la coagulation ;
  • Les carences nutritionnelles : certains déficits vitaminiques, notamment, altèrent les phases de cicatrisation en réduisant la production de collagène ;
  • Certains traitements : les radiations ionisantes, par exemple, limitent les échanges gazeux au niveau des vaisseaux; tandis que les anti-inflammatoires non stéroïdiens transforment le métabolisme du collagène ;
  • Les troubles vasculaires ;
  • Les oedèmes et les hématomes ;

Que faire en cas de plaie atone ?

Lorsqu'une plaie — aiguë ou chronique — ne suit pas le cours normal du processus de cicatrisation, il est impératif de réagir. La première étape consiste à réévaluer le diagnostic initial, en particulier dans le cas des plaies chroniques. Si la nature atone de la plaie est confirmée, le plan de traitement initial doit également être revu, en contrôlant le choix du pansement ainsi que les conditions de son application.

Par ailleurs, la maîtrise des facteurs de risque de retard de cicatrisation doit faire l’objet d’une réexamen :

  • meilleure gestion de la pression en cas d'escarres ;
  • amélioration de la prise en charge du diabète ;
  • prise en charge de l'insuffisance veineuse par le port de moyens de compression adaptés ;
  • modification du mode de vie (sevrage tabagique, amélioration de l’hygiène alimentaire, lutte contre la sédentarité) ;
  • prise en charge du prurit afin de limiter les lésions de grattage susceptibles de retarder la cicatrisation.

Quel pansement utiliser pour une plaie atone ?

Le choix d’un pansement se fait en fonction de l’étiologie de la plaie, l’aspect de son lit et de la peau péri-lésionnelle de la plaie.
Le pansement choisi doit favoriser la cicatrisation, absorber l’excès d’exsudat, protéger les berges de la plaie, être imperméable aux bactéries et à l’eau tout en restant perméable aux échanges gazeux.
Il doit également être conformable, confortable, non adhérent au lit de la plaie et atraumatique au retrait, afin d’assurer au patient une cicatrisation aussi douce que possible.

Pour une plaie atone, généralement sèche, il est recommandé d’utiliser des pansements hydratants afin de maintenir la plaie dans un milieu équilibré, favorable à la cicatrisation :

  • pansement lipido-colloïde : ce pansement associant particules hydrocolloïdes et vaseline accélère la cicatrisation et évite l'adhérence à la plaie 4;
  • pansement à base d’acide hyaluronique (compresses ou crèmes imprégnées) : relance la cicatrisation des plaies atones, stimule la production de collagène(4) et maintient l’homéostasie cutanée 5. À changer quotidiennement ;
  • pansement bioactif : stimule le processus de cicatrisation grâce à un principe actif (acide hyaluronique, collagène, cellulose, facteurs de croissance, miel) 4;
  • hydrogels : gels composés à plus de 50% d’eau et enrichis d’adjuvants permettant d’hydrater la plaie et de dissoudre les tissus nécrotiques secs, ce qui facilite la détersion 6.

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Sources :